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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 15:23
 par Liêm Hoang Ngoc

Politis, le 10 septembre 2009. Popularisée par le Grenelle de l’environnement, la taxe carbone serait parée de toutes les vertus. Elle conduirait à modifier les comportements en matière énergétique, tout en engendrant de nouvelles recettes fiscales permettant de compenser le manque à gagner lié à la réforme annoncée de la taxe professionnelle. A ces égards, l’analyse économique dominante serait elle-même plus réservée.

 



La taxe sur les produits polluants est l’un des trois instruments envisagés par la théorie néoclassique pour traiter la pollution en tant « qu’externalité ». Son inventeur n’est personne d’autre qu’Arthur Cécil Pigou, le professeur de Keynes, qui deviendra ensuite son ennemi théorique. L’objectif de la taxe est alors de provoquer une hausse du prix relatif des consommations polluantes (par exemple les énergies fossiles), pour inciter les agents économiques à leur substituer l’achat de biens non polluants. Elle ne peut donc, si elle atteint son but, être un impôt source de recettes stables (par exemple pour remplacer partiellement la taxe professionnelle).

La fixation d’un taux de pollution limite (par exemple limitation des gaz à effets de serre) est le deuxième moyen envisagé par la théorie économique orthodoxe. Elle conduit les entreprises à réduire leur production et donc leurs profits, et pousse celles qui le peuvent (lorsqu’elles sont en situation de concurrence oligopolistique) à relever leurs prix pour préserver leurs marges.

Dans les deux cas, le traitement des externalités peut être la source d’effets redistributifs et macroéconomiques indésirables. Son succès est avant tout conditionné par l’existence même d’énergies alternatives aux énergies fossiles. En l’absence d’une telle possibilité de choix alternatifs (conditionnée par la réorientation de la politique énergétique), les mesures recommandées aboutissent à taxer les ménages ruraux modestes qui se déplacent en automobile et se chauffent au fuel, ou pour ceux dont l’utilité marginale du revenu est faible, à prôner une décroissance conviviale vers l’âge de pierre. Une taxe de 32 euros la tonne de C02 émise (recommandée par Michel Rocard) accroîtrait le prix de l’essence de 7 centimes et du gas-oil de 8 centimes. Elle amputerait de 300 euros le pouvoir d’achat des ménages modestes. Envisagée par le Premier ministre à 14 euros la tonne, elle réduirait donc leur revenu de 131 euros. On peut toujours compenser cette perte de revenus par une redistribution de la somme prélevée (8 milliards dans le scénario Rocard, 3 milliards dans le scénario Fillon), mais l’effet recherché sur les comportements sera dans ce cas probablement nul et le solde restant pour réorienter la politique énergétique sera dérisoire. La TIPP, taxe sur les volumes, est une variante de la Contribution Climat Energie (CCF). Elle n’a entraîné aucune modification des comportements.

Il est un troisième moyen envisagé par la théorie économique orthodoxe elle-même, mais dont on parle moins en Europe (pour cause de respect de « la concurrence libre et non faussée » - sic !). Il s’agit de la subvention aux entreprises, aux fins d’assurer la transition vers l’investissement dans des technologies non polluantes. Concrètement, cela signifierait que la puissance publique aide ou recapitalise à cet effet EDF, GDF et AREVA, qu’elle planifie leurs investissements en direction d’énergies renouvelables et diversifiées, adaptées à chaque zone géographique, qu’elle réoriente la politique des transports, et qu’elle organise le financement de tels projets par le biais d’un impôt juste et d’un pôle public financier conséquent. Ce scénario est d’autant plus pertinent que la production et la distribution des énergies renouvelables relève du cas d’activités de réseaux, entrant dans le champ de ce que la théorie nomme les biens collectifs. Ces derniers ne peuvent émerger spontanément sur le marché parce que leurs coûts fixes (liés à la mise en place et à l’entretien des réseaux) sont excessifs et sont susceptibles de compromettre les perspectives de profit. C’est pourquoi les entreprises privatisées du secteur de l’énergie, détenues par des actionnaires recherchant naturellement la rentabilité, ont tant de mal à développer la filière des énergies renouvelables. Déjà que ces ex-champions nationaux jugent excessif l’effort nécessaire pour enterrer le réseau des fils électriques face aux risques de tempête… Elles préfèrent indéniablement se financiariser sous couvert d’opaques « engagements à l’international ».

Nœud d’un modèle de développement durable, une véritable politique énergétique alternative suppose donc de mettre un terme la privatisation du secteur de l’énergie, au dépeçage d’EDF et de GDF, d’entrer dans le capital des banques recapitalisées et de changer de politique fiscale. En attendant, la CCE n’est rien d’autre qu’une usine à gaz, ou plutôt un moyen de communication de plus, utilisé à souhait par le pouvoir régnant pour diviser ses opposants.

Par WEB UMA2A - Publié dans : Environnement
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 15:20


Entretien avec Henri Emmanuelli paru le 11 septembre dans Libération. Propos recueillis par David Revault D’Allonnes.

L’ « offre publique de débat » formulée dimanche par François Bayrou en direction de la gauche, constitue-t-elle à vos yeux une avancée ?

« François Bayrou a dit dimanche la seule chose qu’il pouvait dire. Après avoir pratiqué un antisarkozysme musclé, la route à droite lui est coupée. Il ne lui reste donc plus qu’à essayer de siphonner l’opposition. Bayrou ne nous fait pas une offre, il emprunte la seule issue qu’il lui reste ! »

 



Tout rapprochement est donc inenvisageable ?

« Il faut rappeler que son objectif premier n’est pas de figurer avec nous dans une alliance politique, mais d’être à notre place au second tour de la présidentielle. Et si c’est pour prendre notre place, je t’aime beaucoup, François, mais je préfère les miens. C’est plus sûr ! »

Certains de vos camarades, comme Vincent Peillon, leader du courant Espoir à gauche, y voient pourtant une évolution ?

« On nous a expliqué qu’une alliance de Besancenot à Bayrou serait une avancée historique. En réalité, on fait semblant de croire que Besancenot et Bayrou vont se retrouver dans la même configuration, tout en sachant parfaitement que c’est totalement irréaliste. On retombe donc, en réalité, de facto, sur l’hypothèse d’une alliance entre le centre et la gauche, c’est-à-dire du vieux schéma de troisième force. Où sont l’originalité et la clarté là-dedans ? Au passage, je note que Vincent Peillon se présente comme un leader du courant de Ségolène Royal. Mais a-t-on demandé à Royal si Peillon était toujours le leader de son courant ou son Bernard l’ermite ?

Et l’argument de François Rebsamen, selon lequel le total gauche, au premier tour de la présidentelle, ne s’élevait qu’à 36% ?

« Et l’UMP, ça fait combien, tout seul, au premier tour (31%, ndlr) ? Ce n’est pas sérieux. Il s’agit juste de faire du vent avec la bouche pour être dans l’air du temps. Et comme le dit Kundera, être dans l’air du temps, c’est l’ambition des feuilles mortes. »

Autre sujet d’actualité au PS , les primaires ouvertes promises par Martine Aubry. Y êtes vous favorable ?

« Je rappelle qu’il y a eu une primaire fermée en 1995 entre Lionel Jospin et moi, et une autre plus ouverte en 2007, remportée par Ségolène Royal. Mais je n’ai pas remarqué qu’en faisant un pas en avant, on s’assurait d’une victoire électorale. En quoi les primaires, où l’on a fait voter des millions de personnes, ont-elles réglé le problème de la gauche italienne ? Aujourd’hui, celle-ci n’existe plus. »

L’évolution vers une désignation du candidat socialiste par les sympathisants semble néanmoins acquise...

« On nous avait expliqué, la dernière fois, que la primaire devait être publique. C’était une erreur, puisque nos candidats se sont déchirés. Et là, nous allons encore discutailler pendant deux ans pour savoir qui va y participer. Et pendant qu’on parle de cela, Nicolas Sarkozy se frise les moustaches. Je note par ailleurs que sur le terrain, personne ne parle de la primaire ni du Modem. Ce qui est dans les esprits, c’est le forfait hospitalier, le prix du lait, le chômage et la taxe carbonne »

Et l’argument de la légitimité que confèrerait un vote impliquant plusieurs millions de citoyens de gauche ?

« Désigner notre candidat de cette manière aura des conséquences irrémédiables sur la nature du parti. Ce sera un pas de plus vers un mouvement épisodique de supporters, comme le Parti démocrate américain, qui n’existe d’ailleurs qu’au moment des primaires.

Autre chantier promis par la première secrétaire, celui du non-cumul des mandats...

« Je ne comprends pas qu’on s’enferre dans ce type de sujet qui préoccupent davantage les socialistes que l’opinion publique, laquelle a malheureusement d’autres chats à fouetter. Si on dissocie élus de terrain et élus nationaux, ce sera, à terme, l’explosion.

Votre avis sur la rentrée du PS ?

« Martine Aubry a plutôt bien manoeuvré à La Rochelle et son discours du dimanche avait du fond. Mais pour combien de temps aura-t-elle un peu de tranquillité pour pouvoir travailler sérieusement ? J’observe que les agités de l’égo s’agitent à nouveau.

Par WEB UMA2A - Publié dans : Parti Socialiste
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 15:11
par Delphine Mayrargue


L’idéologie managériale provoque depuis de nombreuses années des dégâts sociaux et économiques lourds. Nous savons maintenant qu’elle tue. Certes, de nombreuses alarmes ont été tirées ces dernières années : suicides chez Renault, chez France Telecom déjà et dans de trop nombreuses entreprises de moindre envergure et à moins forte valeur symbolique. Avec Renault et France -Télécom, nous avons affaire à d’anciennes entreprises publiques, fleurons de l’industrie et de la recherche française dans lesquelles l’Etat reste un actionnaire important.

 

Ces entreprises ont adopté le maître-mot de « performance ». Ce sésame libéral ouvrait toutes les portes de la conquête du marché. Enfin, ces entreprises sortaient de l’archaïsme du champ public pour entrer dans la zone libre du marché. Le privé c’est l’innovation, la modernité, c’est demain ! Et puis ce n’est pas le rôle de l’Etat de fabriquer des voitures ou de se lancer dans l’innovant secteur des télécommunications du 21ème siècle ! Ah bon, et pourquoi ? (oui, simplement « pourquoi », ce qui importe ici, ce n’est pas tant la réponse qui peut se discuter, mais le refus même que la question soit posée). Avec la même certitude libérale, la même arrogance de classe, on nous assène que ce n’est pas le rôle de la puissance publique de faire circuler des trains, de produire de l’électricité ou de distribuer du courrier. Tout ça avec une évidence que le bon sens libéral impose avec une désarmante condescendance. Impossible de poser les questions différemment et notamment en terme d’égalité d’accès aux services essentiels que sont, par exemple, les transports, l’énergie ou les télécommunications. Nous pourrions ajouter à cette triste litanie le service public de l’emploi mis à mal voici un an avec la création de Pôle emploi. Comme si la mise en œuvre des politiques d’accès à l’emploi ne relevait pas de la puissance publique, c’est-à-dire de ses valeurs, de ses méthodes et de ses moyens.

Cette privatisation s’accompagne nécessairement du développement de l’idéologie managériale au sein de ces entreprises. La performance à n’importe quel prix, le prix des restructurations, des réorganisations, des humiliations. Mais aussi le grand prix de l’idiotie qui consiste à casser ce qui marche au nom du dogmatisme libéral. Avec la foi des nouveaux convertis, les anciennes entreprises ou structures publiques semblent accomplir leur mutation managériale avec un zèle que l’on pourrait qualifier de naïf s’il n’était pas si destructeur.

La recherche de la performance (c’est-à-dire la satisfaction des intérêts des actionnaires) conduit aujourd’hui à déshumaniser les relations de travail et à isoler le salarié. Dans une contradiction folle l’idéologie managériale vante les mérites de l’individualisation des rapports au travail (reconnaissance individuelle) et méprise ce même individu en le faisant, aujourd’hui, travailler le dimanche et demain jusqu’à 70 ans, tout en limitant ses droits de salarié. L’individu au travail est de moins en moins un homme ou une femme libre, de plus en plus prisonnier de l’infernale spirale des contradictions libérales. La personne humaine, dans son statut de salarié, est profondément méprisée et souvent humiliée. L’homme ou la femme est isolé, tout cadre collectif est dénoncé comme archaïque (comme un relent de collectivisme sans doute), les histoires et souvenirs collectifs sont bannis, les solidarités stigmatisées, l’homme ou la femme au travail est seul, seul face aux objectifs abstraits qui lui sont assignés, seul face aux contradictions de sa hiérarchie qui lui tombe dessus en cascade, seul face à l’absence de moyens, seul avec sa peine. Seul, l’homme ou la femme au travail est donc responsable de son sort. L’appel à la responsabilité ou à l’autonomie sert leitmotiv à l’idéologie managériale. La salarié seul responsable est donc seul coupable de ne pas atteindre ses objectifs, seul coupable de son échec, seul coupable de son malheur.

Il est plus que temps de remettre le travail au cœur du débat politique. Pour nous cela passe par la question du gouvernement des entreprises (représentants des salariés dans les conseils d’administration des entreprises et dans les comités de rémunérations, mais aussi publications des objectifs fixés aux principaux dirigeants) Cela passe aussi par une sécurité sociale professionnelle qui doit protéger le salarié. Cela passe enfin par la question de l’organisation du travail et de la vie au travail. Le monde du travail est de plus en plus violent, au moment où l’individu roi domine dans les discours de la droite, ce même individu est nié dans son rapport au travail, malmené, vivant de stress et d’incertitude. Il nous faut aujourd’hui assumer un clivage gauche / droite majeur, celui qui refuse que la stratégie économique prime sur le social.

Par WEB UMA2A - Publié dans : Social
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 15:08

Tribune de Marie-Noëlle Lienemann

La « contribution climat énergie » n’est pas une taxe carbone, explique Marie-Noëlle Lienemann. Ancien membre de la commission environnement et de la commission spéciale « changement climatique » du Parlement Européen, elle demande la mise en place d’une vraie taxe carbone, dans le cadre d’une fiscalité écologique de gauche. Avec une certitude : il existe une alternative intelligente aux propositions Rocard/Sarkozy.

Le débat sur la « contribution climat énergie » s’engage dans une extrême confusion et les propositions de la commission Rocard vont discréditer l’idée, pourtant essentielle, d’une fiscalité écologique.

 



La contribution « climat énergie » est purement et simplement une taxe sur la consommation intérieure d’énergie qui aura pour effet de pénaliser le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes et la compétitivité des entreprises. Cette taxe n’a rien à voir avec la taxe carbone qui doit être fondée sur le bilan global carbone des produits et s’imposer aux importations aussi bien qu’à la production nationale, ce qui favoriserait l’éco-innovation et pénaliserait les transports de longue distance comme les délocalisations infondées. Il est indispensable d’aller vers cette taxation du carbone. Au-delà, créer un impôt injuste pour reverser des compensations aux personnes modestes est une usine à gaz socialement polluante et absurde !

Il faut reprendre immédiatement le principe d’une taxe carbone sur tous les produits et services. Elle doit pouvoir ainsi contribuer à relocaliser de nombreuses activités. Elle doit être mise en place progressivement sur les produits les plus carbonés et par filière. Il faut taxer sur la base du bilan carbone qui doit être généralisé et systématique. On nous objecte sa complexité, en particulier pour établir les kilomètres parcourus entre la production et la consommation. Pour simplifier la donne et éviter les critiques de l’OMC, on pourrait définir des zones de distances moyennes. La complexité est un argument à géométrie variable, hier utilisé contre la taxe Tobin qui semble aujourd’hui réhabilitée. La complexité des produits dérivés, elle, n’a rebuté personne, bien au contraire !

De toute façon, si on veut lutter contre l’effet de serre et « dé-carboniser » nos économies, il faut généraliser la traçabilité des produits et les bilans « carbone ». Puisque nous avons beaucoup de jeunes au chômage, il y aurait urgence à créer des emplois jeunes pour aider les PME, les collectivités locales, les associations à établir leur bilan carbone et les conseiller pour économiser la consommation d’énergie. Ces emplois, financés d’abord par la puissance publique, pourraient à terme devenir marchands et être source de la création de nombreuses entreprises. Exigeons-le immédiatement !

La taxation systématique de la consommation d’énergie est injuste car elle touche des personnes qui n’ont, le plus souvent, pas d’alternative pour la réduire.

 50% des habitants sont des locataires, ce ne sont pas eux qui vont pouvoir transformer la qualité thermique de leur appartement. Certes ils pourront réduire fortement leur chauffage mais l’enjeu est d’abord la nature du logement… Alors il existe des alternatives comme faire payer aux propriétaires une taxe sur le logement en fonction de la classe thermique ( A,B,C,D…). Si le propriétaire fait des travaux, ceux-ci sont déduits de l’impôt cela s’ajoutera à l’éco-prêt à taux zéro. Pour les plus impécunieux, il faudra doper la Prime d’Amélioration de l’Habitat qui est une subvention complémentaire.

Dans le domaine des transports, il serait absurde de faire payer à la SNCF, à la Ratp, les transports en communs (ceux par bus pourraient être taxés en fonction de la qualité énergétique de la flotte). En revanche, il faut pousser à la densité urbaine, combattre l’étalement urbain et la spéculation foncière qui envoie, loin des centres et des transports en commun, les plus modestes. On doit taxer de façon progressive et dans certains cas confiscatoire les plus-values foncières et immobilières excessives. On pourrait créer une taxe de « sous densité » sur le foncier en fonction de l’occupation de la parcelle dans les centres urbains.

Ces deux exemples montrent qu’il existe des fiscalités écologiques justes, incitatives et non aveugles.

Il est clair qu’il nous faut progressivement accroître le coût de l’énergie et tenir compte de sa pollution. Mais on ne commence pas par taxer tout le monde et empêcher les investissements structurants permettant de réduire la révolution thermique ! Il faudra planifier la hausse des prix, en fonction des progrès déjà réalisés et à promouvoir. Ce qui exige une planification écologique sérieuse et nécessite de créer une tarification de l’énergie et de l’essence qui soit stable (les yoyos du prix du pétrole tuent la « rentabilité » de certains travaux d’économie d’énergie et du coup dissuadent de s’y engager !). Elle doit aussi, pour le gaz et l’électricité, être progressive en fonction de la consommation pour combattre le gaspillage sans pénaliser les familles modestes. Hélas cette stratégie devient très difficile avec la libéralisation. Néanmoins c’est possible, par exemple en relançant l’idée d’une TIPP flottante qui permette de stabiliser les prix en dépit des cours du pétrole et qui augmenterait très progressivement.  

Ces propositions ne sont pas exhaustives. Ces quelques exemples montrent qu’on peut concevoir une fiscalité écologique de gauche ! Les propositions Rocard, de Sarkozy, ne le sont pas. Des alternatives existent !

Par ailleurs, rappelons que l’Union Européenne, donc la France, ont adopté un plan énergie-climat qui impose à chaque Etat membre, pour 2020, une réduction de 20% de notre énergie primaire consommée, de 20% des émissions de CO2 et la production de 20% de notre énergie en énergie renouvelable. Cette ambition est en-deçà des demandes des experts du GIEC, mais quoi qu’il arrive à Copenhague, c’est la base minimale qui s’impose à nous. Nulle étude ne prouve, et encore moins ne chiffre les économies acquises par une contribution climat énergie. Il y a de très nombreuse décisions à prendre immédiatement pour atteindre ces objectifs et là, du coté du gouvernement, des politiques industrielles, des collectivités locales, la mobilisation est insuffisante. Et là il y a urgence !

Par WEB UMA2A - Publié dans : Environnement
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 15:03

Entretien avec Henri Emmanuelli paru dans le JDD.


Peu emballé par les prescriptions de Martine Aubry visant à rénover le PS, Henri Emmanuelli estime que les socialistes doivent avant tout répondre aux inquiétudes des Français. Entretien JDD.

On vous a peu ou pas entendu vous exprimer au sujet du PS après l’université d’été de La Rochelle. Pourquoi ?

Parce que je n’avais pas envie de parler. Et pour tout vous dire, je ne me suis même pas déplacé à La Rochelle pour ne pas subir une fois de plus cette actualité qui est aujourd’hui co-produite par les médias et les politiques. C’est une manière de faire que je trouve affligeante et à laquelle je ne souhaite absolument pas participer. Je prends un exemple : j’ai lu que Vincent Peillon avait fait à Marseille "une déclaration historique" en prônant une alliance - impossible - qui irait de Bayrou à Besancenot. Mais je m’écroule de rire ! On parle de quoi, là ? On brasse de l’air, et ce, dans un seul but : faire le tour des plateaux de télévision…



En même temps, à La Rochelle, Martine Aubry a envoyé des signaux forts afin de rénover le PS, que ce soit sur le non-cumul des mandats ou l’instauration de primaires ouvertes…

Sur les primaires, que voulez-vous que je vous dise ? J’en ai fait une fermée contre Lionel Jospin en 1995, et cela ne nous a pas porté chance. On en a fait une un peu plus ouverte en 2007 et cela n’a pas marché non plus. Maintenant, si on l’ouvre entièrement, je pense que l’on s’achemine tout droit vers un scénario à l’italienne (c’est-à-dire vers la désignation d’un candidat de centre gauche, ndlr) qui ne me convient pas. Tout ça pour dire qu’on ne règle pas les problèmes politiques en se penchant sur celui des modalités. Certains se sont imaginé qu’en parlant de nous, socialistes, on allait résoudre nos problèmes de fond politique ou de leadership. Et bien non, c’est en parlant des autres, des Français, que l’on fait avancer les choses.

Justement, Martine Aubry fait preuve d’ouverture quand elle propose un questionnaire aux militants sur les grands chantiers de la rénovation au PS. Qu’en pensez-vous ?

Mais ce n’est en rien une idée nouvelle ! Des questionnaires, on a dû en faire au moins six au cours des vingt dernières années ! Je ne dis pas que c’est un empêchement, mais franchement, le Parti socialiste ferait mieux de s’occuper des vrais problèmes des gens. Il est temps de passer à l’action contre la politique du gouvernement. Tout le reste n’intéresse pas les Français.

Oui, mais pour passer à l’action, il faut bien que le PS soit en ordre de marche et qu’il adopte des règles claires de gouvernance…

D’accord, mais son premier rôle est, je le répète, de s’opposer fermement à la droite, à travers un véritable projet politique : prenez l’exemple de la taxe carbone. Comment le gouvernement veut la compenser ? En baissant l’impôt sur le revenu. On retrouve ce qui est axiomatique de toutes les politiques de droite, à savoir moins d’impôts directs et plus d’impôts indirects. Ce sont ces injustices-là que le PS doit dénoncer quand il s’adresse aux Français, au lieu de parler de primaires dont les gens n’ont absolument rien à faire.

A gauche, le chantier des alliances est ouvert, avec des Verts, notamment, qui ont le vent en poupe et des exigences fortes vis-à-vis du PS…

Il y a en effet des excès ces derniers temps de la part des Verts. C’est une situation que j’ai déjà connu quand j’étais premier secrétaire du PS. Comme en 2009, en 1994, les écologistes avaient fait un bon score aux européennes, et nous un très mauvais. Sur un plateau de télévision, Brice Lalonde m’avait alors dit : "Nous allons nous croiser dans les escaliers, vous descendez, je monte..." Ça ne s’est pas tout à fait passé comme il l’avait prédit… Je ne dis pas que le PS se trouve en position de force à gauche, néanmoins, il en a la responsabilité principale et il doit l’assumer au mieux.

C’est justement ce que vous reprochent les Verts : cette idée que tout doit tourner autour du PS à gauche…

Je ne dis absolument pas cela, et je plaide pour que nous traitions d’égal à égal avec eux. Je vous signale au passage qu’avec Benoît Hamon, nous avons tous les deux proposé à la direction du PS d’offrir des têtes de liste à nos alliés Verts pour les prochaines élections régionales. Nous n’avons pas été entendus, et je le regrette.

Certes, mais vous employez le verbe "offrir", que certains peuvent considérer comme péjoratif…

Mais, on est dans la cour de récré là ! Je ne veux pas rentrer dans ce genre de débat. Ce que je veux dire, c’est que je ne trouverais pas anormal que dans les négociations avec les Verts, il y ait ici ou là un ou une président(e) écologiste. Il est faux de penser que je traite nos partenaires avec mépris ou avec arrogance. En revanche, je leur dis tout de même de bien réfléchir avant de se lancer seuls dans la bataille, comme cela semble être leur volonté. Ils ne sont pas sûrs d’arriver à bon port.

Quid de François Bayrou, qui propose une "offre publique de dialogue" à la gauche ?

Je pense surtout que M. Bayrou a pris la seule direction qui lui était possible de prendre. De vouloir dialoguer n’a rien de choquant en soi, mais son seul projet est d’être au second tour de la présidentielle à notre place. Et je pense que mon rôle n’est pas de lui faciliter la tâche… Sur le fond, il y a certes des sujets sur lesquels nous pouvons être tout à fait en phase, comme la défense de la démocratie, mais sur d’autres, notamment économiques et sociaux, je pense qu’il a encore beaucoup de chemin à accomplir avant de pouvoir nous rejoindre. Et à choisir, je préfère un candidat qui représente mon orientation politique plutôt que la sienne.

Vous qui incarnez l’aile gauche du PS, vous n’êtes pas tenté de vous émanciper, de créer votre propre mouvement, comme l’a fait Jean-Luc Mélenchon avec le Parti de gauche ?

Cette tentation a été récurrente chez beaucoup de personnes, mais, et les faits me donnent raison, j’observe que tout ce qui a été tenté en dehors du PS n’a jamais eu beaucoup de succès. François Bayrou est d’ailleurs en train de s’en rendre compte. Quand je m’assois à l’Assemblée nationale et que je vois 202 députés socialistes pour seulement deux députés du Modem (trois en réalité, ndlr), je ne me sens pas terrorisé, ni en position d’infériorité : si eux veulent nous rejoindre, pourquoi pas, mais ce n’est pas à nous d’aller vers eux. Ce serait le monde à l’envers tout de même !


Par WEB UMA2A - Publié dans : Parti Socialiste
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