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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /2009 05:41

Communiqué d’Un Monde d’Avance en Corse du Sud




 Ajaccio, le  1er juillet 2009


La sociale démocratie européenne est durement touchée : l’un des enseignements majeurs de ce scrutin est la confirmation de l’échec des rapprochements avec le centre ou la droite ; les discours ambigus et les compromis,  fussent-ils « techniques », nous ont fait perdre notre crédibilité.

L’examen des résultats montre que, par rapport à 2004, les positions globales gauche/droite ont peu évolué. En revanche, la répartition des voix au sein de la gauche marque un net recul du PS au profit des verts et de l’extrême gauche tant au niveau national que pour la Corse du Sud où ce recul est encore plus net.

La crise n’a pas eu d’effet mobilisateur pour la gauche et, au sein de celle-ci, il y a eu redistribution des voix des citoyens qui  sont venus voter. Le nombre important de ceux qui se sont abstenus, particulièrement dans les classes populaires est peut-être encore plus alarmant.

Le Parti Socialiste est ressenti comme  ne portant  pas un vrai projet qui donne envie et confiance. Il est probable que ce sentiment soit amèrement partagé  par de nombreux  militants.

Deux messages s’étaient dégagés après le congrès de Reims :

  • L’exigence d’un socialisme de gouvernement clairement ancré à gauche
  • L’indispensable renouvellement, dans toutes ses dimensions, de notre parti

Ces messages n’ont rien d’obsolète : à gauche, plus que jamais !

A gauche ! Il nous faut ouvrir un vrai débat sans exclusive avec l’ensemble des forces de gauche et construire un vrai projet politique. C’est bien évidemment un préalable plus important que de consacrer toute notre énergie à intégrer la présidentialisation forcenée de la vie politique française.

Dans ce débat, chaque militant doit pouvoir prendre sa place et contribuer à l’élaboration et à l’explication de nos positions. Nous ferons des propositions dans ce sens au sein de la fédération du Parti Socialiste de Corse du Sud en confirmant notre volonté déjà exprimée de prendre pleinement notre part dans les travaux de refondation du projet et de transformation du Parti Socialiste.

Par WEB UMA2A - Publié dans : Parti Socialiste
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Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /2009 05:57

Interview de Liêm Hoang Ngoc, agence Focus. Interview – Liêm Hoang-Ngoc est économiste, maître de conférence à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et auteur de plusieurs essais sur l’économie et la fiscalité, dont Vive l’impôt ! et Sarkonomics. Proche du courant d’Henri Emmanuelli et de Benoit Hamon , il est également secrétaire national adjoint du Parti socialiste à l’économie, et vient d’être élu député européen dans l’Est, aux côtés de Catherine Trautmann. Dans un contexte difficile pour son parti comme pour toute la gauche européenne, il revient pour l’agence Focus sur les grands dossiers de l’Europe sociale, sans cacher son pessimisme.

 

Vous venez d’être élu au Parlement européen. Cette satisfaction suffit-elle à effacer la déception des résultats du PS et du Parti socialiste européen (PSE) ?

Liêm Hoang-Ngoc : C’est une goutte d’eau dans un océan d’amertume. La situation de la gauche européenne est très préoccupante. Mon sentiment est que les électeurs associent la social-démocratie aux politiques d’accompagnement du néolibéralisme, à travers l’ouverture à la concurrence, la "flexibilisation" des marchés, la remise en cause de la protection sociale, etc. Dans ces conditions ils ne voient pas l’utilité d’aller voter. La Stratégie de Lisbonne, qui consiste à ouvrir la concurrence et à "flexibiliser" le marché du travail, avec un petit peu de sécurité en "version de gauche", s’est traduite par la privatisation d’EDF/GDF, de la Poste, de France Télécom et par la dérèglementation du droit du travail. Les syndicalistes nous le reprochent assez souvent. Pourtant, au cours de cette campagne que j’ai menée avec Catherine Trautmann, nous avons vraiment insisté sur le social : l’accélération de la convergence, l’harmonisation fiscale, la préférence communautaire, la politique agricole commune, la relance, les services publics, la protection sociale. Nous avons donc tenu un discours de gauche classique. Et les syndicalistes étaient très contents de nous voir revenir sur ces terrains, car il faut une perspective politique à la crise. Mais, au PS, nous avons une génération de dirigeants qui étaient aux manettes avant 2002, qui sont toujours là et qui pensent que l’on ne peut pas faire autrement. D’où la timidité de nos réponses sur le plan de relance, le G20 ou le rapport Cotis (NDLR - le rapport Cotis porte sur le partage de la valeur ajoutée).

L’électorat "Bac +" s’est donc déporté sur les listes Europe écologie qui prennent à bras le corps des questions éthiques et environnementales sans aborder les questions économiques et sociales qui fâchent. Ce phénomène n’est pas nouveau, en Allemagne, les Verts existent depuis des années. Les préoccupations environnementales arrivent aujourd’hui car on prend conscience que l’on est en train de détruire la planète. C’est donc une bonne chose que ces listes aient de bons résultats. Mais l’électorat populaire est resté chez lui, et nous n’avons toujours pas réussi à le reconquérir. Ce qui est préoccupant pour la gauche, c’est donc que sur son terrain traditionnel, qui est le terrain social, elle n’arrive pas à retrouver son électorat de base.

Dans ce contexte, vous pensez pouvoir défendre votre conception d’une Europe sociale ?

L.H-N. : Nous allons essayer de faire de la résistance, parce que la droite a renforcé sa majorité. M. Barroso risque d’être reconduit avec des commissaires qui ont un "code génétique" néolibéral. Même si le contexte peut les inciter à recommander un certain nombre de mesures de relance, ils ne sont pas prédisposés à pratiquer la redistribution ou à encourager une politique industrielle volontariste, notamment en direction des nouveaux États membres. Je ne vois pas dans les projets de l’actuelle Commission ou dans le programme du Parti populaire européen (PPE) l’idée d’accélérer la convergence des nouveaux entrants pour préparer l’harmonisation fiscale et sociale. De plus, on a une situation économique qui risque de se dégrader, et je ne vois pas non plus comment les effets négatifs de la crise pourraient se traduire par une reprise début 2010. On se dirige vers davantage de flexibilité, de délocalisations et un alignement par le bas des normes sociales et fiscales, avec des conséquences dramatiques, puisque ces politiques ont littéralement cassé la croissance en Europe.

Mathématiquement, M. Barroso n’est pas assuré d’obtenir une majorité de voix des députés. Un rassemblement PSE, ADLE, Verts n’est pas envisageable pour proposer une candidature commune ?

L.H-N. : Il nous faudrait déjà convaincre les socialistes portugais, espagnols et anglais ! Si nous pouvons faire autrement, nous le ferons, mais je ne peux hélas pas bâtir de plan sur la comète. Nous devons nous réunir et voir ce que nous sommes en mesure de faire.

Quels seront les grands dossiers que vous comptez défendre durant cette législature ?

L.H-N. : Je pourrais remplacer Benoît Hamon à la commission des affaires économiques. Dans ce cadre, les dossiers qui gravitent autour de la directive services, dans lesquels il faut isoler du champ d’ouverture à la concurrence les services publics et les services sociaux d’intérêt général (SSIG) sont des chantiers très importants. Nous mènerons la bataille d’amendements qu’il faudra, mais ce ne sera pas évident. Il y a aussi la réglementation bancaire. On parle beaucoup de la régulation du système financier, mais on n’a toujours pas mis de moyens à la disposition de la Banque centrale européenne (BCE) pour qu’elle encadre la titrisation des produits toxiques. Est-ce que M. Trichet est favorable à un encadrement de la titrisation ? Je n’en suis pas convaincu. Il faudra de toute façon un débat sur les missions de la BCE, car je ne vois pas comment on peut faire autrement que de passer par la création monétaire pour financer les déficits publics. Mais la plupart des gens de droite sont extrêmement orthodoxes en matière budgétaire. Ils vont ressortir l’argument de l’inflation dans un contexte de quasi-déflation ! Je suis donc assez pessimiste sur l’avenir économique et social de l’Europe. Je pensais au début qu’elle allait progressivement devenir keynésienne, comme l’aurait aimé Jacques Delors. Mais les néo-conservateurs et les centristes n’y sont pas prédisposés. Mais si nous arrivons à les convaincre, je ne demande pas mieux. Après tout, la France du Général de Gaulle était bien plus socialiste que la Grande Bretagne de Tony Blair !

Quelle sera la priorité de votre mandat de député ?

L.H-N. : La première sera de limiter les dégâts, par rapport à une droite qui va approfondir les réformes structurelles. À court terme, il faudra s’opposer aux directives qui achèveraient l’ouverture à la concurrence et la flexibilisation du marché du travail et de la protection sociale obligatoire. Donc il va falloir se battre pour qu’au sein du PSE on prenne des positions beaucoup plus nettes que jusqu’à présent. Je ne parle donc plus d’un plan ambitieux comme lors de la campagne. On ne pense même plus à l’harmonisation fiscale ! L’économie sociale imprègne toutefois quelques milieux de droite. Au niveau des intergroupes, il n’est pas exclu que l’on puisse travailler ensemble, notamment pour une directive spécifique aux SSIG.

Par WEB UMA2A - Publié dans : Parti Socialiste
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Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /2009 05:54

Chers camarades, à cette heure avancée, je crois qu’il faut aller droit au but dans ce que nous avons à nous dire. Pour ma part, je n’ai jamais été convaincu sur la ligne dite de l’alignement sur le Manifesto et sur la nécessité de se banaliser dans la social-démocratie.

J’ai toujours pensé que le cycle de la social-démocratie s’achevait et que, au contraire, la tradition du socialisme républicain français, l’idée de l’économie mixte, retrouvait une grande actualité avec la crise de l’ultra libéralisme et que nous aurions dû au contraire avoir une stratégie offensive disant que nous, les socialistes français, héritiers de Jaurès, nous voulions porter ces idées comme mutation de la social-démocratie et non comme subies.

Mais c’est derrière nous. Les faits ont tranché. Allons à l’essentiel d’aujourd’hui. L’essentiel est de constater deux choses : notre faiblesse est largement née de notre incapacité à incarner une alternative politique et la capacité d’alternance.

Alternative politique, espérance d’un nouveau projet, d’un changement assez radical du mode de société. Il faut bien le dire, Daniel Cohn-Bendit, les Verts, l’alliance élargie qu’ils ont constitués a capté une partie de cette espérance, de ce qu’on appelait jadis « changer la vie ». Nouveau mode de développement, prise en compte de l’écologie, un certain rapport éthique qu’incarnait plus ou moins Éva Joly, les luttes de l’altermondialisation, toute une série de luttes qui ont constitué une sorte de vision, ou en tout cas une ambition.

Et puis de l’autre côté les couches populaires, ceux qui sont plongés dans les duretés d’aujourd’hui, devant les délocalisations, devant les problèmes sociaux et économiques, ceux qui sont pris par l’urgence sociale ne sont pas venus voter parce qu’ils avaient le sentiment qu’on ne portait pas en Europe ni en France une véritable alternance. Et de ce point de vue, cela explique pour une part le fait que Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche n’aient pas capté l’ensemble du non de gauche, car dans ce non de gauche une large partie n’est pas venue voter parce qu’ils attentent une gauche d’alternance capable de changer les choses, changer leurs conditions de vie objectives.

Et donc, c’est notre responsabilité de faire que très rapidement la gauche soit capable de renouer avec ces deux choses. Il n’y aura pas d’alternance dans ce pays sans un rassemblement de l’ensemble des forces de gauche, il n’y aura pas d’alternative dans ce pays si nous ne sommes pas capables de créer une nouvelle synthèse entre toutes les traditions de la gauche et du mouvement écologiste. C’est pourquoi, nous le savions avant ces élections qui ont tragiquement développé les dérives que nous connaissons, nous savons depuis longtemps, et en tous les cas je l’ai dit depuis plusieurs mois, nous avons pris des initiatives avec d’autres, nous pensons qu’il faut créer un nouveau front populaire. Je sais bien, les formules ne sont pas importantes en soi, elle voulait quand même dire un certain nombre de choses et si la maison commune correspond à cette dynamique, très bien pour la maison commune. Mais soyons clairs sur ce que nous voulons : derrière l’idée de front populaire, l’histoire nous éclaire : en période de crise, il n’a pas suffi de simplement unifier les partis politiques de la gauche, il a bien fallu aussi y adosser des clubs, des associations, la Ligue des droits de l’homme, toute une série de stratégies qui venaient converger vers la nécessité de se fédérer, de porter des nouveaux progrès sociaux, d’inventer une nouvelle société. Le front populaire, l’idée que je me fais de la maison commune, c’est justement de rassembler les partis de la gauche, mais d’y insérer dans un comité national des autres forces de la société qui sont aujourd’hui souvent très vivantes, je pense à Attac !, à sauvons la recherche, on pourra tous avoir des listes, ils vont irriguer nos propositions. Et souvenons-nous, nous-mêmes, Parti socialiste, quand nous avons réussi à Épinay, nous l’avons fait parce que nous avons agglutiné des clubs et des associations.

Deuxième chose très rapide : il faut partir du fond et du projet. Ce comité doit préparer par des États généraux, sur un travail précis, une charte, un contenu qui définit des points d’appui pour l’identité de la gauche et pour le changement dont nous avons besoin. Cette charte doit aussi être ensuite prolongée par un accord législatif dans lequel on doit respecter chacun de nos partenaires, mais aussi construire un programme d’actions au gouvernement et de transformation de la société.

Et, enfin, oui, les primaires, les primaires entre les adhérents qui se seront impliqués dans ce mouvement pour produire ensemble un nouveau visage, un nouveau contenu. Tous les adhérents des organisations qui auront signé la charte et qui auront établi le programme pourront être consultés pour établir le choix d’un candidat unique de la gauche et de l’écologie.

Voilà le cap que nous devons défendre, on ne doit pas l’imposer à nos partenaires, on doit dialoguer avec eux, mais vous voyez que ce champ culturel amène à une conclusion simple : pour que la gauche retrouve ses couleurs et que notre Parti soit digne de son héritage et de l’avenir, il nous faut une nouvelle synthèse sur le fond politique que ce front populaire permet, il nous faut un rassemblement de la gauche sans ambiguïté au centre parce qu’il tue toutes les capacités de renouveau et de militantisme des milliers d’hommes et de femmes de gauche qui sont aujourd’hui, ni au PS, ni au PC, ni au Front de gauche, ni nulle part et qui attendent une gauche nouvelle.

Par WEB UMA2A - Publié dans : Parti Socialiste
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Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /2009 17:50

Ayons le courage d’affronter la vérité des résultats, le PS a subi un important et significatif revers lors de ces élections européennes, alors que le rapport gauche/droite reste stable dans le pays. La comparaison avec le scrutin de 2004 est sans appel, les socialistes ont perdu 2,1 millions de voix. 1,5 million de ces voix se sont portés sur les listes Cohn-Bendit et 600 000 voix sur les listes d’extrême Gauche. Et pourtant, la droite n’a jamais aussi peu fait campagne sur ses thèmes. Oublié l’assistanat, maintenant la priorité est aux stabilisateurs sociaux. Oublié le pacte de stabilité, priorité à la régulation. Comment expliquer alors que, dans un tel contexte, nous ayons, dans toute l’Europe, subi une telle raclée ?

Tout simplement parce que la social-démocratie s’est progressivement et lentement mise hors-jeu. Cette défaite est d’abord celle d’une orientation qui a partout fait la preuve de son échec.

Au Royaume-Uni, le blairisme présenté encore il y a quelques années comme le parangon de

la modernité a atteint le score historiquement bas de 14,5% apparaissant comme un parti corrompu, stupidement aligné sur les américains et déliquescent à l’image de la finance dont il avait prétendu faire le modèle de sa croissance économique.

En Allemagne, le SPD chute historiquement à 20% et paie ainsi sa participation à un  gouvernement d’union nationale avec la CDU qui a conduit les électeurs à préférer l’original conservateur à la copie sociale-conservatrice.

Partout, à l’exception de la Grèce et du Danemark, la social-démocratie recule et chute lourdement.

La France ne fait pas exception. Nous avons nous-mêmes donné les verges pour nous faire battre en nous arque boutant sur un PSE à la dérive et en agitant comme seul viatique un

Manifesto dont personne dans notre électorat n’avait rien à faire. Cerise sur le gâteau nous avons axé toute notre campagne autour de l’alternative à Barroso, ce qui est juste en soi, mais sans vérifier que tous nos partenaires du PSE étaient sur la même longueur d’onde. En conséquence, dès le début de la campagne nous nous sommes désarmés politiquement.

Alors que notre électorat attendait qu’on lui parle lutte contre les licenciements boursiers, lutte contre le libre-échange généralisé, salaire minimum européen, croissance durable, défense et promotion des services publics, nous avons mené une campagne désincarnée.

L’autre leçon de ce scrutin c’est l’aspiration au rassemblement. Toutes les listes qui ont incarné un rassemblement ont vu leur score plus ou moins progresser. C’est le cas d’Europe Ecologie qui a su donner un souffle et une dimension nouvelle en fédérant des personnalités fortes comme Cohn-Bendit, Eva Joly et José Bove, trois lutteurs qui, chacun à sa manière incarnent une forme de contestation du système. C’est le cas du Front de Gauche qui a su dépasser les frontières traditionnelles de l’influence communiste.

C’est aussi le cas de l’UMP qui a su mettre son camp en ordre de marche.

En revanche, les listes qui incarnaient un repli sur elle-même comme le MODEM, le NPA et le PS ont été sanctionnées par l’électorat. En ce qui concerne le MODEM, il y a tout lieu de s’en réjouir. Ainsi contrairement à ce que certains pensaient et pensent encore au PS ou chez les Verts, l’avenir n’est pas dans l’alliance avec le MODEM.

L’avenir de la gauche, c’est un rassemblement qui inclut toute la gauche du NPA au PRG.

Après libre à chacun de dire si oui ou non il souhaite en faire partie.

L’avenir de la gauche c’est de commencer à bâtir cette maison commune riche de toutes les sensibilités de la gauche, socialiste, communiste, écologiste, anticapitaliste, républicaine. Une maison commune qui ne soit pas l’adjonction de chacune de ces sensibilités mais leur dépassement dans une dynamique porteuse d’un programme nouveau et collectif, débouchant sur des listes communes.

Face à la crise sans précédent de l’économie capitaliste, il n’y a pas d’autre choix à gauche que celui du dépassement de nos chapelles dans un rassemblement nouveau. Une course de vitesse est engagée face à la droite extrême et libérale. Il nous appartient d’y répondre sinon la gauche ressemblera à ces étoiles qui diffusent encore une lumière qui continue de nous parvenir alors qu’en fait elles sont mortes depuis bien longtemps.


Pascal Cherki, Secrétaire général Un Monde d’Avance et maire du 14e ardt de Paris

Par WEB UMA2A - Publié dans : Parti Socialiste
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Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /2009 08:11

Bonsoir,

Je voudrais d’abord dire à Pierre Moscovici qui parlait des « accords techniques » au Parlement européen avec Barroso que c’est à cause de tous ces « accords techniques » d’avant-hier si le PSE a perdu hier. C’est à cause de son accord avec la droite si le SPD a perdu hier. Il y avait en Allemagne une majorité de gauche SPD, Verts et Die Linke mais le SPD a choisi de ne pas la concrétiser et de diriger avec Angela Merkel… Cela l’a fait s’effondrer le 7 juin et ce sera pareil aux élections de septembre 2009. La troisième voie, l’alliance avec le centre ou la droite, c’est perdant partout. Ce 7 juin 2009, c’est la mort de la troisième voie, c’est la mort du blairisme ! Nous vivons dans un affrontement entre Europe de droite et Europe de gauche, pas dans des combines, pas dans des voies intermédiaires, ni des « compromis techniques ». Pendant la campagne électorale, le PSE n’a pas été un atout mais un boulet. C’était un boulet que de n’avoir pas de position claire contre le Traité de Lisbonne et c’était un boulet de n’avoir pas un candidat contre Barroso. Alors on s’est fait tacler !

Je suis venu à ce Conseil national en lisant sur internet Vincent Peillon qui appelait à la “rénovation du dispositif” et Malek Boutih qui appelait à la “démission” de Martine Aubry : mais là n’est nullement la question. La question n’est pas de remettre le bazar, la question est d’approfondir la voie qui est sortie du congrès de Reims. Car ce n’est pas de « technique » dont nous avons besoin ! Bien sûr on peut améliorer, compléter encore et encore la direction de notre parti, mais ce n’est pas un problème de structure, ni d’instance, ni de fonctionnement, de courants, de thérapie de groupe, ni de dirigeants, qui se pose à nous, c’est un problème de ligne politique. IL FAUT ALLER A GAUCHE !

J’entends dire qu’il faudrait une nouvelle génération : mais il vaut mieux des sexagénaires expérimentés bien à gauche, que des quadras fringants qui jouent les coqs droitiers. Ce que nous demande le peuple c’est d’être plus à gauche. Comme dans le film italien où Nanni Moretti, dans sa cuisine, écoute D’Aléma sur son écran de télévision et qui l’interpelle : « - Mais dis nous quelque chose de gauche, D’Aléma, dis nous quelque chose de gauche ! ». Il y a des millions de gens, chez nous, quand ils entendent le PS, qui pensent pareillement. Bien sûr, je suis pour une « maison commune » de toute la gauche, comme l’ont dit Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, et Martine Aubry avant moi, je suis pour un front de TOUTE la gauche, pour qu’on y œuvre de toutes nos forces et dés maintenant, unité de la gauche (et pas avec la droite, pas avec le Modem !). Sans unité de la gauche rien de grand ne peut se faire.

Mais pour cela il faut qu’on ait une orientation de gauche. Il faut dire des choses précises sur le fond, sur le Smic et les salaires, sur la sécu,(contre la loi Bachelot, la T2A, les complémentaires, les “patrons”, il faut démocratiser l’hôpital pas le caporaliser) sur les services publics, sur le contrôle des licenciements abusifs, sur le droit du travail. Pas des mots, pas des slogans, pas des généralités sur nos « valeurs » et sur « le social », Inutile de crier « social, social » comme des cabris s’il n’y a rien dedans ! On avait gagné 30 % des voix en juin 2004 parce qu’on défendait UN Smic européen aligné sur le haut, et une Europe des 35 h, pourquoi ne l’a t on pas défendu contre l’Europe des 65 h qu’a voulu imposer Sarkozy ? Car lorsqu’il y a 1 million de chômeurs de plus, l’urgence est de réduire la durée du travail sur la semaine et sur la vie… de défendre la retraite à 60 ans et pas « le travail des seniors ». Je viens d’entendre Manuel Valls dire ici qu’il faut parler des retraites, de leur financement, de la durée de la vie, qu’il faudrait « être lucide », mais pour Manuel Valls, la “lucidité”, en fait c’est qu’il est pour la retraite par points du Medef à 63 ou 65 ans sans oser le dire… et il a raison de ne pas le dire parce que chaque fois qu’il parle dans ce sens il nous fait perdre des voix ! Il rend impossible l’unité de la gauche, car celle-ci ne peut se faire sur une ligne droitière ! La crise est ravageuse, on retourne vers un énorme chômage de masse, le niveau des salaires est misérable. Il faut faire des propositions hardies précises pour un Smic à 1600 euros, pour revenir aux 35 h pour tous, et à la retraite à 60 ans, redistribuer le travail et les richesses massivement, pour une économie mixte, où le service public l’emporte.

Manuel Valls dit que les « petits partis de gauche qui défendaient une ligne de gauche n’ont pas fait recette moins que les écologistes plus modérés ». Mais c’est normal, die Linke, même avec le meilleur programme possible, ne gagnera ni en France, ni en Allemagne, ce n’est pas un « aiguillon » qu’il nous faut, CE QU’IL FAUT C’EST QUE LES GRANDES IDÉES DE GAUCHE SOIENT DÉFENDUES PAR UN GRAND PARTI DE GAUCHE CRÉDIBLE SI ON VEUT QU’ELLES FASSENT RECETTE ! Ce ne sont pas des petites formations qui convaincront notre peuple de s’enthousiasmer pour une grande politique antilibérale, c’est un grand front de gauche où les socialistes ont (encore) le rôle clef. Mais faisons le, vite, sérieusement, car sinon le rôle clef ce sera encore la droite qui le jouera. Quant au vote prétendu modéré qui serait celui qui s’est porté sur les verts, lisez le bien, car il y a José Bové, Eva Joly et pas seulement le libéral Cohn-Bendit, il ne peut y avoir d’écologie sans social, nul ne peut sauver la banquise sans nous sauver des banquiers d’abord !

Ceux qui disent que le Parti socialiste est mort, mourant, langue morte, devraient réfléchir : nous dirigeons 20 régions sur 22, deux villes de plus de 3500 habitants sur trois, 61 % des départements, il a 18 mois en mars 2008 nous avons eu 51 % des voix au deuxième tour, une majorité nette (sans le Modem). En 2004, nous avons gagné les régions parce que, en 2003, nous avions lutté fortement contre Chirac-Raffarin, contre la loi Fillon sur les retraites, parce qu’au Congrès de Dijon, nous avons proclamé que nous abrogerions la loi Fillon sur les retraites, et les Français étaient opposés à près de 70 % à cette loi, et ils ont voté massivement pour nous en mars 2004.

Mais je vous le prédis : pour gagner les régionales de 2010, il faut une ligne nationalement de gauche. Les régions ne se gagneront pas dans les régions ! Je le répète fortement : les régions ne se gagneront pas région par région… ce sera une confirmation ou un basculement global. Si certains ne comprennent pas cela et jouent des cartes locales différentes, il y aura des déconvenues ! Cela se jouera sur des questions politiques centrales, sociales, pas sur des questions techniques de gestion régionale ! Les 20 présidents de région n’ont pas été élus sur leur charisme personnel mais sur une vague rose politique et nationale ! Pour renouveler cette victoire, il faut ALLER A GAUCHE. C’est pas difficile à comprendre, à regarder le triste tableau du PSE, archi-modéré, et son effondrement. C’est pas de la modération qu’il faut, c’est de l’audace, de l’élan à gauche. Si on n’en tire pas cette leçon politique, on continuera à passer à côté des salariés, et des jeunes qui se sont massivement abstenus le 7 juin, on passera encore à côté du mouvement social, ce sera comme les européennes et on pleurera encore SI ON NE VA PAS A GAUCHE VRAIMENT !

Gérard Filoche

Par WEB UMA2A - Publié dans : Parti Socialiste
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